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Oumou Sangaré à Darmstadt

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Oumou Sangaré à Darmstadt
‘La femme a aussi besoin de confort’
‘C'est à nous mème de condamner ce qui se passe chez nous’
‘Je recommence encore avec force’
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"Je suis une dame attachée à la tradition, mais je ne suis pas une dame renfermée. Je suis une qui veut sauvegarder la tradition, mais qui veut voir le futur."
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En plein train de sa tournée d’'Europe, la chanteuse malienne Oumou Sangaré et son ensemble font arrêt à Darmstadt le 06.11.2003. Pendant une interview avec le journal Ntama elle montre avec souveraineté, sans orgueil, ce qu’elle possède au-delà d’une voix si renommée: le parcours d’une vie qui fait d’elle une des protagonistes du Wassoulou contemporain, une activiste persistante de l’égalité des sexes, mais aussi une femme mariée et une mère attentionnée prêchant la balance entre la tradition et le moderne.

"Mon premier concert je l’ai donné à l’age de cinq ans devant trois milles personnes."

Ntama: Comment est ce que vous êtes entrée dans la musique? Quel était le moment ou vous avez vraiment décidé "C’est ça que je veux faire de ma vie"?

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Oumou Sangaré: J’ai commencé la musique très jeune, parce que je viens d’une famille d’artistes. Ma grand-mère était une très grande star, alors ma mère aussi chantait, elle a une très belle voix. Elle chantait dans les mariages, les baptêmes donc je l’accompagnais. Mon premier concert je l’ai donné à l’âge de cinq ans devant trois milles personnes. Je faisais l’école maternelle et ils ont organisé un concours entre les écoles maternelles et mon école a prit le premier prix. On a une danse traditionnelle qui s’appelle Sougonounkou. C’est une danse qui se fait avec des masques par la chanteuse la plus célèbre et par le garçon, qui danse le mieux. Le garçon est masqué de la tête aux pieds et la chanteuse le suit en chantant. Alors moi j’étais à cinq ans la chanteuse célèbre et on a masqué un petit qui avait six ou sept ans comme le Sougonounkou. Quand on nous a donné le premier prix tout le monde était content et ils ont dit: "Ah il faut que le Mali voit ça, alors on va organiser un concert rien que pour ces deux là, parce qu’ils imitent bien les grands". Donc on a organisé un concert, on m’a invité et je suis venue et c’était vraiment devant trois milles personnes. Quand je suis arrivée j’ai vu l’ampleur du publique et j’ai couru dans les coulisses en pleurant et disant : "Non, non c’est impossible, je ne peux pas chanter devant tous ces gens là, et puis tout le monde me regarde !" Alors les organisateurs ont fait venir ma mère et ma mère a dit : "Oumou, tu sais ces gens là tu fais comme si ils n'étaient pas là. Ferme les yeux et fais comme si nous étions à deux dans la cuisine et tu va pouvoir chanter sans problèmes. On m’a fait monter une table parce que j’étais très petite, je suis montée là-dessus, on m'a donné le micro, j’ai fermé les yeux et j’ai chanté. Depuis là j’ai commencé à chanter et je n’ai pas quitté la scène. Mais j’ai décidé réellement de faire mon groupe en 86 après avoir continué mes études.