Lamine Konté, né en 1942 en Casamance au Sénégal, est très connu en tant que virtuose de la kora, l’un des pionniers de la musique du monde et celui qui a le plus chanté les textes des grands écrivains d’Afrique et de la diaspora africaine tels Léopold Sédar Senghor, Birago Diop, Aimé Césaire, Léon Gontran Damas. Malheureusement, le Casamançais de naissance fut arraché de la vie terrestre dans la nuit du 28 au 29 septembre 2007 à Paris, la ville dans laquelle il a immigré en 1971 et qui est restée le centre de sa vie jusqu’à sa mort des suites d’un cancer. Ainsi, «le griot intello » n’a pas eu l’occasion de vivre aussi longtemps que Léopold Sédar Senghor qu’il a accompagné pendant des années et dont il a célébré le centenaire à titre posthume en 2006. C’est en effet à l’occasion de sa prestation à la Maison de France de Mayence en Allemagne, le 29 juin 2006, que fut réalisée la présente interview. Cet entretien est donc l’un des derniers héritages que le célèbre artiste nous a légués et qui est mis à présent à la disposition du monde, à quelques semaines de la célébration des deux ans de sa mort. La longueur du texte est proportionnelle aux vingt minutes de l’interview qui est présentée ici dans presque toute sa totalité.
